L’histoire de BISSAC :: Partie 1
Posted in Histoire BISSAC on janvier 17th, 2007 No Comments »
Créer une entreprise dans le cuir, le luxe et le sac à main
L’histoire de BISSAC.
Chapitre I : LES CIRCONSTANCES.
Depuis quelque temps déjà, je recherchais une entreprise à reprendre. Étant donné mes études d’architecte, j’ai toujours été attiré par les meubles et par le bois. J’ai donc naturellement pensé à reprendre une ébénisterie. Après quelques recherches j’ai rencontré différents ébénistes et malheureusement à la plupart d’entre eux il manquait un ou plusieurs doigts.
Je dois vous avouer que cela m’a totalement refroidi. J’ai donc continué à chercher mais avec une ouverture plus grande et dans les matériaux que j’aimerais travailler. C’est ainsi que j’ai découvert dans la région Midi-Pyrénées, une entreprise de maroquinerie qui était en redressement judiciaire. J’ai rencontré la gérante et visiter les ateliers. Cela faisait une quinzaine d’années au moins que cette entreprise faisait de la petite maroquinerie haut de gamme et que parmi ses clients, elle comptait de grands noms de la maroquinerie tels que Hermès, Texier … et bien d’autres. Vuitton : je ne pense pas mais elle avait fabriqué pour Hermès, c’est certain car nous possédons encore des zips siglés de Hermès. Jusqu’ il y a un mois avant le dépôt de bilan, elle avait travaillé pour Texier à 98 %. Ce dernier, comme beaucoup d’autres avait décidé de faire fabriquer à l’étranger et l’entreprise de maroquinerie Création Carina s’était à retrouver sans travail du jour au lendemain. La gérante avait bien essayé de trouver d’autres clients notamment en Amérique du Nord mais prise par le temps et en ayant 10 personnes à payer tous les mois elle s’était finalement résolue à déposer le bilan. Bien sûr, vu les clients prestigieux que l’entreprise avait eus, l’atelier était très bien équipé et les machines étaient d’excellente qualité. Il est vrai pourtant, que si je me voyais bien designer des sacs à main, je n’ai aucune expérience dans la maroquinerie. L’atelier est situé à Graulhet, au centre d’un triangle formé par Toulouse , Albi et Castres; ville réputée comme la ville du cuir car jusque dans les années 50 à 60 il y était produit plus de 40 % de la production européenne de cuir tanné et travaillé. Il m’a donc semblé que la situation de l’atelier au milieu de la production et du travail du cuir me permettrait facilement de trouver des spécialistes de maroquinerie. C’est ce que nous verrons.
L’entreprise Création Carina étant en redressement judiciaire, j’ai tenté de prendre contact avec l’administrateur judiciaire qui s’occupait du dossier pour éventuellement faire une proposition de reprise. Nous étions à ce moment-là vers le mois de juin et juillet 2005. Je reçus une réponse de l’administrateur judiciaire seulement fin septembre 2005 et me disant que l’entreprise avait été mise en liquidation. J’ai donc, de ce fait, pris contact avec le huissier qui s’occupait de la liquidation judiciaire, pour savoir ce qu’il allait se passer. Le huissier m’a fait comprendre que la personne qui reprendrait en bloc tout ce qui représentait les actifs de l’entreprise Création Carina c’est-à-dire les machines, les meubles, les cuirs, les stocks, et qui redémarrerait une activité dans les lieux aurait un net avantage pour le prix de la liquidation. Je lui demandai donc quel était le montant de son évaluation et comme elle m’a semblé intéressante, j’étais prête pour l’achat des actifs de l’entreprise Création Carina.
Tout cela permettait d’avoir une plate-forme mais bien sûr il manquait le principal : qu’allait-on y faire, quel serait l’idée judicieuse qui nous permettrait de faire une maroquinerie différente des autres et qui donc pouvait avoir sa place sur un marché déjà saturé.

